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Voie lactée

Voie lactée

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Il faut être loin des lumières de la ville, par une nuit sans Lune, pour voir dans toute sa magnificence la bande nuageuse d’étoiles que nous connaissons sous le nom de Voie lactée, et qui décrit dans le ciel, d’un horizon à l’autre, un vaste arc de cercle. Quand on l’observe plus attentivement, surtout avec des jumelles, on distingue de beaux amas d’étoiles beaucoup plus concentrés que ceux que l’on peut voir dans les autres régions du ciel. En fait, on observe l’immense disque plat d’un énorme système d’étoiles. L’effet de nuage est dû à la lumière fondue d’innombrables étoiles, trop belles séparément, qui forment notre galaxie.

Le Soleil n’est que l’une des mil-liards d’étoiles qui la peuplent ; il se trouve à peu près aux deux tiers de la distance séparant l’axe du bord de la Galaxie, sur l’un de ses bras spiralés. En fait, presque toutes les étoiles que nous voyons à l’extérieur de cette grande bande blanchâtre font elles aussi partie de la Galaxie, mais elles nous semblent beaucoup moins concentrées parce qu’elles n’en constituent pas le disque, c’est-à-dire le centre. Le diamètre de la Galaxie est de quelque 100 000 années-lumière. Au-delà, dans toutes les directions, s’étendent des espaces presque infinis et d’autres systèmes d’étoiles. La galaxie la plus proche, à 2 mil-lions d’années-lumière, visible sous la forme d’une vague traînée de la grosseur de la pleine Lune, est celle d’Andromède.

Cette grande bande laiteuse est presque toujours décrite comme une route, ou une rivière, et dans de nombreuses régions du monde on y voit même le jumeau céleste d’un fleuve terrestre : dans l’Égypte ancienne, la Voie lactée était assimilée au Nil, et, en Inde, elle correspondait au Gange. En Chine, la Voie lactée avait une importance cosmologique essentielle. On l’appelait le Fleuve céleste, et ses représentants terrestres étaient le fleuve Jaune (Huang He) et le fleuve Han (qui passe en Corée) ; on pensait qu’elle était un gué céleste permanent (où les flots se séparaient en deux), correspondant aux nuages de poussière interstellaire qui se trouvent près de l’étoile Deneb, située dans le Cygne. Cette zone du ciel représentait les gués et les ponts des grandes rivières de Chine. Elle jouait aussi un rôle dans la légende populaire de la tisseuse et du berger, qui personnifiaient un couple d’étoiles magnifiques, Véga et Altaïr.

Cette jeune fille épousa, de son propre chef, un voisin qui gardait les troupeaux et qui vivait sur les bords du Fleuve céleste ; son père, le dieu-Soleil, furieux, décida de séparer les deux amants. Il leur imposa de vivre chacun d’un côté du fleuve d’étoiles — où on les voit encore aujourd’hui. Ils n’avaient le droit de se rencontrer qu’une fois par an, lors de la fête des Sept Jours, ou des Sept Mois. Le dieu solaire convoquait alors une nuée de pies, et celles-ci formaient sur le fleuve un pont que la belle tisseuse pouvait

Dans les mythes de nombreuses civilisations, la Voie lactée est également décrite comme le chemin des âmes. Pour les Indiens du Honduras et du Nicaragua, la Mère-Scorpion résidait au bout de la Voie lactée, où elle accueillait les âmes des morts ; elle donnait aussi la vie aux nouveau-nés et les faisait téter à ses nombreuses mamelles. Macrobe, écrivain latin du v’ siècle, dit que les âmes des morts s’élèvent par le signe du Capricorne et descendent par celui du Cancer. Cela correspond au chemin de la Voie lactée, à l’endroit où elle croise les constellations des Gémeaux et du Sagittaire. Macrobe déclare explicitement que la porte empruntée par les âmes se trouve à l’intersection de la Voie lactée et du cercle du zodiaque. On trouve la même idée dans la conception du monde qu’avaient certains peuples d’Amérique centrale : l’Arbre du monde maya soutient le ciel au même point d’intersection de l’écliptique et de la Galaxie. L’une des plus étranges théories cosmologiques concernant la Voie lactée est celle qui fut élaborée par les Quechuas de Misminay, au Pérou : encerclant la Terre, la grande rivière céleste collecte la totalité de l’eau des océans et des fleuves, et la dépose près de la sphère céleste ; elle nous est ensuite restituée sous forme de pluie. Dans la mythologie grecque, on trouve divers récits concernant la Voie lactée. L’un d’eux se rapporte à Héraclès, fils d’Alcmène, dernière amante mortelle de Zeus. Ce dernier voulait que son fils devienne un grand héros et un protecteur des dieux et des hommes, mais quand Héra découvrit que Zeus avait été infidèle, furieuse-ment jalouse, comme toujours, elle résolut de se venger sur l’enfant. Elle envoya deux serpents chargés de tuer Héraclès, encore au berceau, mais le jeune enfant, doté d’une force hors du commun, les étrangla facilement. Zeus décida de rendre Héraclès immortel en lui faisant boire le lait d’une déesse. Pour atteindre son but, il fit croire à Héra que l’enfant était un nourrisson abandonné et la persuada de le nourrir. La déesse donna le sein à l’enfant, mais celui-ci, affamé, téta avec tant de force que, ivre de douleur, elle le repoussa. lin jet de lait se répandit alors dans l’espace et devint la Voie lactée. Du point de vue de l’astronomie, l’histoire semble évidemment quelque peu fantaisiste. Cependant, il ne faut pas oublier qu’Héraclès est un héros solaire, l’héritier du Mésopotamien Gilgamesh : l’un et l’autre ont dû accomplir douze travaux… et le Soleil traverse les douze signes du zodiaque. Il n’est pas impossible que cette légende soit en fait l’expression particulièrement subtile d’un rapport, anciennement établi, entre la trajectoire du Soleil (l’écliptique) et les constellations de la voûte céleste.

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